Sicart, Alphonse de Carthagène

Resumen

Sicart, P., «Alphonse de Carthagène», Dictionnaire d’Histoire et de Géographie Ecclésiastique, 2 (1914), págs. 702-707.

 

[París: Letouzey et Ané, 1914. Bajo la dirección de Alfred Baudrillart, P. Richard, Urbain Rouziès y Albert Vogt. Tomo II: Alcaini-Aneurin. Imprimatur en París el 18 de junio de 1914. Leo Adolphus, car. Amette. Arch. Paris.]

 

Esta es una de las menos conocidas de las biografías de Alfonso de Cartagena anteriores a la de Luciano Serrano (1942), a pesar de haber sido incluida en un célebre proyecto como es el Dictionnaire, pero entre cuya masa informativa quedó sepultada. No se la menciona en las más autorizadas bibliografías y estudios modernos. La entrada del Dictionnaire tiene carácter de síntesis y no aporta datos nuevos, pero destaca por cierta elegancia en el uso de la lengua francesa y el modo en que combina información y materiales. Destaca sobremanera y con intención apologética el célebre episodio en que Alfonso de Cartagena defendió la precedencia de los españoles sobre los ingleses en el Concilio de Basilea. Es también peculiar la hipótesis sobre la posibilidad de la existencia de obra poética atribuible a don Alfonso. Ofrece clasificación temática de las obras de Alfonso de Cartagena, para cuyos datos sigue, fundamentalmente, la pieza de referencia de Martínez Añíbarro (1889). Sicart extractó las informaciones de Martínez Añíbarro, al que hay que seguir siempre con tanto interés como cuidado.

Pondré un solo ejemplo, el del inventario de los testimonios del Memoriale virtutum/Memorial de virtudes. En este punto Martínez Añíbarro indica que sigue a Rodríguez de Castro y repertoria cuatro manuscritos y un impreso en 1635 mencionado por Goiri, pero del que no se conoce ulterior noticia[1]. Dos manuscritos latinos, pues, uno en el Escorial, ms. ij, Q-9 y otro en la BNE, ms. Dd-69; y dos manuscritos castellanos, uno en el Escorial, ms. iij-h-2 y otro en la BNE, ms. Dd-63.

No hay duda de que Sicart sigue a Martínez Añíbarro, pero introduce modificaciones y, en este caso, rectificaciones: el ms. iij, Q-9 de Martínez Añíbarro es el ij, Q-9 de Sicart (ij.Q.9 en el ms.), que sería la signatura correcta [Q.II.9; olim III/743]; el otro manuscrito escurialense, que contiene la traducción castellana del Memoriale, es citado por ambos con la signatura iij, h-2 (leyendo 11 como números romanos y transcribiéndolos como arábigos), pero que hoy solo podrá recuperarse como h.III.11 (iij.h.11) [olim III.M.16 (según transcribe el catálogo electrónico de la Biblioteca de El Escorial) y ij.e.15]. Las signaturas de El Escorial siempre han sido propicias a estas confusiones y a sus consiguientes quebraderos de cabeza. Por fin, los manuscritos de la Biblioteca Nacional de España se corresponden con dos testimonios latinos y no con uno latino y otro español, como afirman Martínez Añíbarro y Sicart. Campos Souto (2004, 185) ya advirtió de que la signatura Dd-69 no podía ser correcta, y que debía ser entendida como Bb-69 (probablemente se tratara de una errata de imprenta por confusión entre la B y la D manuscritas). Lo mismo cabe decir de Dd-63, que se corresponde con Bb-63, como corrigió Sicart, que debió cotejar los datos en el catálogo de la Nacional. Estos códices son los actuales BNE, ms. 9778 (Bb-63) y BNE, ms. 9212 (Bb-69, ex Haro). Ni Martínez Añíbarro ni Sicart llegaron a conocer los siguientes testimonios latinos del Memoriale virtutum: El Escorial, BEsc., ms. J-II-25 (J-ij-25 en el ms.); Burgo de Osma, Biblioteca de la Catedral, ms. 117; Basilea, Universitätsbibliothek Handschriften A VIII 35[2].

Salvo ocasional error he procurado realizar una transcripción escrupulosa del texto publicado en el Dictionnaire, con mínimos ajustes respectos a los usos tipográficos del mismo. La transcripción es manual y no se ha empleado ningún procedimiento de conversión electrónica.



[1] Rodríguez de Castro (1781, 246-247) reporta noticia de dos códices del Escorial, ms. iij.h.11 (pero los tipos que utiliza el impresor de la Biblioteca son equivalentes al ‘i’ en romanos) y ms. ij.Q.9. La referencia de Martínez Añíbarro a Goiri [sic] es aquí algo imprecisa, pues trae Apuntes para la historia de algunos burgaleses célebres por la obra de Nicolás Goyri, Apuntes para las biografías de algunos burgaleses célebres, Burgos: Imprenta de D. Timoteo Arnaiz, 1878, donde en pág. 158, n. 1, dice: «El autor del Valerio de las historias, Diego Rodriguez de Almella, camarero que fué de este Obispo, consigna el catálogo de sus obras, citando como principales, las que se siguen: Memorial de virtudes, que existe en el Escorial, —dedicada al Rey de Portugal D. Duarte, impreso en 1635». Sospecho que ocurrió lo siguiente: por errata de Goyri, o más probablemente del impresor, se trastocó 1536 por 1635, así como el lugar en que debería aparecer la data. La fecha no corresponde a ningún impreso del Memorial, sino, si estoy en lo cierto, a la edición del Valerio de las historias escolásticas, impresa en Sevilla por Juan Cromberger [Valerio de las hystorias scolasticas, 4 de enero de 1536. En la portada se anuncian las historias como «Copiladaspor Fernan perez de guzman»].

[2] En Valero Moreno (2019) se encontrarán las ediciones y referencias bibliográficas pertinentes.

Transcripción

[pág. 702]

48. ALPHONSE DE CARTHAGÈNE. — I. Vie. —

Fils du rabbin converti Paul de Santa Maria, qui fut évêque de Carthagène et puis de Burgos, Alphonse naquit à Burgos, en 1384, avant l’abjuration de son père. Il est quelquefois désigné sous les noms d’Alphonse de Burgos et d’Alphonse de Santa Maria.

Après avoir pris les grades de maître en théologie et de docteur in utroque jure, il est nommé chroniqueur de Castille, puis doyen des églises de Santiago (1417) et de Ségovie (1420). Pendant ce temps, il demeure à la cour de Jean II de Castille, en qualité de précepteur du prince héritier don Henri, pour lequel il fit de nombreuses traductions d’auteurs latins et composa des traités de morale à l’aide de pensées extraites des philosophes anciens.

En 1420, il est nommé conseiller du roi et, dès ce moment, il prend une part active à toutes les affaires de l’État. En 1421, il est envoyé en Portugal où il réussit à négocier une trêve de vingt-neuf ans entre le roi de Portugal et le roi de Castille. Il accompagne la cour dans ses déplacements successifs, à Palencia en 1429, à Siguenza, l’année suivante, et à Cordoue (1431), où le roi prend son avis et celui des autres conseillers pour le plan de la guerre de Grenade.

Mais c’est au concile de Bâle que ses qualités de diplomate se révélèrent dans tout leur éclat. En 1434, le cardinal Alonso Carrillo, représentant de l'Espagne, mourut au concile. Une nouvelle ambassade fut envoyée. Elle se composait d’Alvaro de Cuenca, de Juan de Cifuentes et d'Alphonse de Carthagène.

Elle partit dans les derniers jours de mai 1434, mais fit, à Avignon, un séjour de plusieurs semaines. Les ambassadeurs échangèrent des visites avec de nombreuses notabilités ecclésiastiques et civiles. Alphonse invita les docteurs et les licenciés en droit de la ville à une conférence contradictoire, où il s’engageait à expliquer et à commenter les textes de lois les plus obscurs et les plus difficiles qu’on voudrait lui proposer. Il le fit avec tant de bonheur, en présence de tous les juristes d’Avignon, que ceux qui essayèrent de discuter ses conclusions durent bientôt se déclarer vaincus. Mais ce n’étaient point des satisfactions de vaine gloire que poursuivait Alphonse. Par le succès de cette controverse d’école il entendait se faire précéder au concile de la réputation d’un éminent jurisconsulte et d’un adversaire redoutable, avec qui aurait à compter la députation anglaise ouvertement hostile aux Espagnols.

Avec une lenteur calculée, l’ambassade arriva à Liestal, à deux lieues de Bâle, le 23 août. Elle y resta trois jours pour régler le cérémonial d’entrée. Le 26, elle s’avança en grande pompe vers la ville où se tenait le concile. A peine sortie de Liestal, elle rencontra successivement les ambassades de chaque nation qui se portaient au-devant d’elle et, après les présentations, se mêlaient au cortège.

Vers la fin de la journée, la commission anglaise apparut, composée de deux docteurs et de deux maîtres, dont les noms ne figuraient pas sur la liste des ambassadeurs. L’intention offensante qui avait inspiré le choix de ces émissaires dépourvus de titre officiel fut soulignée par la lecture du message. Les [pág. 703] représentants de l’Angleterre se disaient empêchés par des travaux absorbants de venir en personne recevoir l’ambassade espagnole; c’est pourquoi ils envoyaient «quelques-uns de leurs familiers pour l’accompagner et lui faire honneur.» Alphonse répondit à cette harangue d’une manière si froide que les Anglais se retirèrent sans s’unir au cortège.

Le surlendemain, nouvel incident. Une procession s’était formée pour accompagner le légat du pape. Les Anglais s’y présentèrent armés et prétendirent occuper une place prééminente. Les Espagnols protestèrent si bruyamment que, pour éviter un scandale, les Anglais durent déposer leurs armes et descendre à un rang inférieur.

Alphonse ‘attacha à ne laisser empiéter sur aucun des droits du royaume de Castille. Il décida les autres membres de l’ambassade à ne pas se présenter au concile, comme on les y invitait, un jour d’assemblée générale ordinaire, mais il obtint que la députation castillane fût reçue, le 2 septembre, en session extraordinaire, comme l’avait été l’ambassade anglaise, et avec le même cérémonial. A l’entrée de la salle des séances, un conflit éclata quand on désigna aux Espagnols la place qu’ils devaient occuper. Ils voulurent siéger au premier banc de gauche, en face de l’empereur. Mais les Anglais, qui s’étaient fait donner cette place, refusèrent de la céder. Les tentatives d’arbitrage ayant échoué, on dut suspendre les sessions du concile et ouvrir un procès canonique. L’avocat des Anglais fut Henri de Abendon. Alphonse défendit les droits de l’Espagne. Le mémoire qu’il présenta (voir Œuvres) invoqua de si probants arguments d’ordre juridique et historique en faveur de la prééminence du royaume de Castille sur la couronne d’Angleterre que le tribunal donna gain de cause aux Espagnols.

En 1435, l’évêque de Burgos, père d’Alphonse, donna sa démission. Le roi Jean II présenta pour le siège vacant la candidature d’Alphonse de Carthagène, qui fut acceptée par le pape Eugène IV, le 6 juillet 1435. Le nouvel évêque prit possession par procureur le 10 octobre de la même année.

Il continua à prendre part aux travaux du concile et à y défendre les droits de l’Espagne. Les députés du Portugal avaient été admis par les Pères de Bâle à exposer leurs revendications sur les îles Canaries. Alphonse réfuta victorieusement leurs revendications dans un mémoire qui a été conservé. Voir Œuvres.

Vers la fin de 1438, il quitta Bâle pour aller servir de médiateur, au nom du roi Jean et probablement avec une mission secrète du pape, entre Ladislas VI, roi de Pologne, et Albert II d’Autriche, empereur d’Allemagne. L’empereur achevait déjà ses préparatifs de guerre et se rendait à Breslau pour arrêter son plan de campagne. Alphonse résolut pacifiquement le conflit en obtenant une promesse de mariage entre Élisabeth, la fille cadette d’Albert, et Casimir, l’héritier présomptif de la couronne de Pologne.

De ce temps le concile de Bâle avait dégénéré en conciliabule contre le pape. Alphonse n’y retourna que pour se joindre aux autres membres de l’ambassade espagnole et se rendre avec eux à Rome. Juan de Mena, contemporain et ami d’Alphonse, raconte (Cronica, cap. 243), qu’à l’annonce de cette visite le pape se serait écrié: «Si l’évêque de Burgos vient ici, j’aurai honte de m’asseoir en sa présence sur le trône de saint Pierre.»

En 1440, Alphonse était de retour en Castille. Il fut chargé de conduire à Valladolid Blanche de Navarre, fiancée du prince des Asturies, depuis Henri IV. Le mariage fut célébré le 15 septembre.

Durant les guerres civiles qui éclatèrent à la suite de cette union, Alphonse resta un loyal serviteur du roi, mais il ne consentit à jouer d’autre rôle dans la [pág. 704] lutte que celui de négociateur des trêves et des traités de paix.

Il se consacra de préférence à l’administration de son diocèse. Il enrichit le trésor de son église métropolitaine de quarante et une chapes et d’ornements de grand prix qui avaient servi au concile et dont plusieurs se conservent encore. On lui doit la construction des flèches qui s’élèvent sur les deux tours de la Puerta Real de la cathédrale. Cette œuvre, attribué à Jean de Cologne, fut commencée le 18 septembre 1442 et terminée le 4 septembre 1458, après la mort de l’évêque.

En 1456, année du jubilé de Santiago, Alphonse voulut faire son pèlerinage à Compostelle. Mais, au retour, se sentant malade, il dut s’arrêter au village de Villasandino. Il y mourut le 22 juin, dans des sentiments de piété, qui édifièrent ceux qui l’entouraient, comme en témoigne Fernando de la Torre, dans une lettre gardée à la bibliothèque de la Real academia de la historia, de Madrid, coll. Salva, t. xliv, fol. 176. Un tombeau lui fut construit au milieu de la chapelle de la Visitation, dans la cathédrale. Sur la pierre tombale est sculptée une statue d’évêque où l’on s’accorde à reconnaître le portrait du prélat. Une longue épitaphe rappelle les principales circonstances de sa vie et les services qu’il rendit à l’Église et au roi.

C’était une des plus grandes figures de l’épiscopat espagnol du xve siècle qui disparaissait. On a vu plus haut en quelle estime le tenait le pape Eugène IV. Aeneas Silvius (Pie II), dans ses Commentarii, l’appelle deliciae Hispaniarum..., scientiae speculum et lui prodigue les éloges les plus flatteurs. En Espagne Fernan Perez de Guzman pleura sa mort dans une élégie célèbre, qui commence par ce vers : Aquela [sic] Seneca expirò. Pulgar reflète, dans le portrait suivant, l’opinion de ses contemporains : «Il avait une majestueuse prestance, les membres bien proportionnés, la voix sonore et agréable. Par son affabilité il s’attachait tous ceus qui l’approchaient. Il fut universel en connaissances, politique habile, évêque vertueux et exemplaire, écrivain docte et élégant, puissant orateur, philosophe profond et poète délicat.»

II. Œuvres. — On peut grouper sous les chefs suivants, d’après leur caractère, les œuvres d’Alphonse de Carthagène.

Œuvres de théologie ascétique. — 1. Apologia sobre el psalmo : Judica me, Deus, c’est la glose littérale de ce psaume. L’original écrit en latin est perdu. Un manuscrit de la traduction espagnole se trouve à la bibliothèque de l’Escurial, Est. ij, h-22, p. 158. Celle-ci fut imprimée à Murcie, par les soins du familier Almella, après la mort de l’évêque en 1487. Dans le même volume on trouve l’Oracional et le Tratado de san Juan Crisostomo. — 2. Aqueste es comienço de un tractado que fiso sant iohan crisostomo. C’est le commentaire d’une glose de saint Chrysostome sur le psaume Miserere mei Deus. Le manuscrit fait partie du codex de l’Escurial cité précédemment, fol. 167 à 172vº. — 3. Oracional, traité sur l’oraison mentale. Il en existe deux manuscrits, l’un à l’Escurial, iij, y-8, l’autre à la bibliothèque nationale de Madrid, Bb, 62. On a vu que cet ouvrage figure dans l’édition d’Almella.

Œuvres d’histoire et de politique. — 1. Anacephaleosis (récapitulation), généalogie des rois d’Espagne, des empereurs romains, des rois de France, des papes et des évêques de Burgos. Le texte est disposé en forme d’arbre généalogique et orné des portraits des rois, reines, infants, papes et évêques de Burgos, depuis Athanaric jusqu’à Henri IV. Cet ouvrage, écrit en latin, fut imprimé pour la première fois par Nebrija dans le corps d’un volume qui con-[pág. 705]tenait d’autres traités historiques, dont la liste est énumérée dans le titre : Rmi ac illmi domini Roderici Toletanae dioecesis archiespiscopi rerum in Hispania gestarum Chronicon libri novem nuperrime excussi, et ab injuria oblivionis vindicati. Adiecta insuper Ostrogothorum, Hugnorum, Vandalorum, caeterorumque historia. Necnon Genealogia rerum Hispanarum reverendi patris domini Alphonsi de Cartagena episcopi Burgensis. Apud inclytam Granatam. Anno MDXLV. La bibliothèque provinciale de Burgos possède un exemplaire de cet ouvrage. L’opuscule de l’évêque Alphonse fut réimprimé dans Hispania illustrata, un vol. in-4º, Francfort, 1605. Il fut traduit plusieurs fois en espagnol, notamment par Fernan Perez de Guzman et par Juan de Villafuerte. Trois manuscrits de la traduction de ce dernier se trouvent à la bibliothèque de l’Escurial sous le titre de Genealogia de los reyes de España, Est. ij, x-23; Est. iiij, a-7; Est. ij, h-22. La bibliothèque nationale de Madrid possède trois traductions manuscrites, qui paraissent émaner d’auteurs différents et dont chacune porte un titre disctint : V-44; Bb-105, K-11; ces deux dernières ont été écrites au xve siècle. Le P. Mariana, et quelques auteurs après lui, attribuent par erreur cet ouvrage à Garcia Alvarez. — 2. Libro de las mujeres ilustres (livre des femmes illustres), composé à la demande de la reine doña Maria, pour protester contre la campagne de diffamation des femmes, inaugurée dans la littérature par Boccace. — 3. Libro mauriciano, copie de bulles, privilèges et écritures concernant l’Église de Burgos. — 4. Extracto de la ssuma de las Crónicas de España, commencé par son père et terminé par Alphonse. — 5. Allegationes factae per reverendum patrem dum Alphonsum de Cartaiena epm Burgensem in consilio bassilensi sup. conquta insularum Canarie contra Portugalenses. Anno domini MCCCC tressimo 5º. C’est la mémoire que présenta Alphonse, devant les Pères de Bâle, pour réfuter les prétentions des Portugais à la possession des îles Canaries. On en connaît trois exemplaires manuscrits, l’un à l’Escurial, a, iv-14, un autre à la bibliothèque Vaticane, d’après le témoignage de Nicolas Antonio; et enfin le dernier à la bibliothèque nationale de Madrid, H-49, p. 409. — 6. De concordia, collection de bulles pontificales et de sentences de tribunaux ecclésiastiques se rapportant à la question de la prééminence du royaume de Castille au concile de Bâle, à l’attribution des îles Canaries et à diverses négociations de paix où intervint Alphonse. — 7. Discurso sobre la ley Gallus. De liberis et postumis instituendis. Tratado de sessiones, manuscrit in-folio conservé dans la cathédrale de Burgos. Il comprend deux parties. La première, qui occupe les seize premières pages, est le discours que prononça l’évêque dans une conférence contradictoire qui eut lieu à l’université de Bâle, le 19 juillet 1434. La seconde partie contient des documents se rapportant au concile, tels que la bulle de convocation, les formules de prières, etc. Le reste est une sorte de journal des sessions, tenu assez exactement depuis 1434 jusqu’au 2 septembre 1435. — 8. Propositio facta per rev. P. Alphonsum, ep. Burgensem, super altercatione[m] praeminentiae sedium inter ambasciatores sereniss. et potentiss. nostri regis et ambasciatores illustriss. principis dom. regis Angliae. C’est le mémoire qui fut présenté en défense des droits de Castille au procès de préséance ouvert à l’occasion du concile de Bâle. Il en existe un manuscrit à la bibliothèque Vaticane, 4151, et un autre à l’Escurial, iij, Z-2. L’auteur fit une traduction espagnole de ce traité. On en trouve deux exemplaires au British Museum de Londres, Eg-2081-1 et Eg-337; un à l’Escurial, Est. ij, h-22, fol. 137; et sept autres, avec des titres différents, à la [pág. 706] bibliothèque nationale de Madrid, Cc-79; E-169; Cc-119; Bb-64; X-250; M-100, fol. 101; Aa-5.

Traités de morale. — 1. Declinaciones (observations) sobre la traduccion de las éticas de Aristoteles, controverse avec Léonardo Bruno [sic] Aretino, ouvrage perdu. — 2. Defensorium unitatis christianae; cet opuscule fut écrit, en 1450, pour défendre les juifs convertis, qui protestaient contre le statut sévère qu’on leur avait imposé après la persécution de Tolède; manuscrit de la bibliothèque nationale de Madrid, B-89. — 3. Doctrinal de caballeros. C’est un code de chevalerie qui a joui d’une grande estime. Il se divise en quatre livres. Le premier traite des conditions de naissance et des aptitudes requises pour être admis dans les divers ordres de chevalerie. Il se termine par l’énumération des fonctions qui correspondent à chaque grade. Le second s’occupe des obligations qui incombent aux chevaliers en cas de guerre; le troisième des duels, des trêves et des tournois; et le quatrième des vassaux, de leurs droits et de leurs devoirs. L’ouvrage complet se trouve à l’Escurial dans un manuscrit de 276 folios, Est. iij, h-4. La bibliothèque nationale de Madrid possède une copie du IIe livre, faite au xve siècle (S-22) et une du IVe livre, qui date de la même époque (Ee-20). On connaît deux éditions du Doctrinal, l’une imprimée à Burgos en 1487 et l’autre de la même ville en 1497. Certains auteurs croient à l’existence d’une édition intermédiaire, mais on n’en trouve pas de traces. — 4. Duodenario, réponses à douze questions touchant la chevalerie, posées à l’évêque par Fernan Perez de Guzman. — 5. Memorial de virtudes, traité de morale sur les vertus, composé à l’aide de maximes tirées des auteurs païens et des Pères de l’Église. La bibliothèque de l’Escurial en possède deux manuscrits, l’un en latin, Est. iij, q-9, l’autre en espagnol, Est. iij, h-2. La bibliothèque nationale de Madrid en a aussi deux autres, Bb-63 en latin et Bb-69 en espagnol. D’après Goiri, ce livre aurait été imprimé en 1635. — 6. Respuesta de una letra et quistion... sobre el acto de la cavalleria, traité sur le serment militaire que prêtaient les soldats romains; bibliothèque nationale de Madrid, Dd-149, fol. 87; T-130; M-100, fol. 132.

Sermons et discours. — Divers recueils de sermons ont été attribués à Alphonse de Carthagène, mais un seul sermon revêt des caractères d’authenticité certaine. C’est celui qui figure dans le manuscrit 232 de la bibliothèque Vaticane, sous le titre de Sermon predicado en el concilio de Basilea. Nicolas Antonio a connu un Tractatus et questiones dni Alphonsi Burgensis, qui devait contenir le canevas des principaux discours et la copie des propositions dévelopées par le prélat au concile de Bâle. Cet ouvrage paraît perdu.

Poésie. — Dans le Cancionero de Castilla, il y a d’assez nombreuses poésies qui portent la signature de Cartagena. Elles furent longtemps attribuées toutes à l’évêque de Burgos, bien que plusieurs d’entre elles, par leur caractère anacréontique, s’accommodent mal de la gravité de leur prétendu auteur. Cristobal de Castillejo (†1556) et, de nos jours, Amador de los Rios on soutenu cette opinion. Mais les raisons péremptoires invoquées par le marquis de Pidal (p. lxviii du Discours préliminaire du Cancionero de Baena) et la démonstration qu’a faite Jiménez de la Espada, dans ses notes aux Andanças et viages de Pero Tafur, de l’existence, à la cour de Jean II, d’un Pedro de Cartagena, chevalier et poète, permettent d’attribuer à ce dernier les pièces légères signées Cartagena. Mais il est hors de doute que l’évêque écrivit des vers appréciés. Plusieurs témoignages contemporaines en font foi. Fernan Perez de Guzman va jusqu’à lui décerner le titre de «maître de toute poésie subtile». [pág. 707] Il reste à la critique de faire le départ exact des œuvres du chevalier et de celles de l’évêque.

Lettres. — La bibliothèque nationale de Madrid possède un recueil de lettres d’Alphonse intitulé Cartas latinas (Bb-64).

Traductions. — L’évêque de Burgos traduisit divers ouvrages pour le prince Henri, dont il était le précepteur. Les traductions suivantes ont été conservées : 1. Traduccion castellana de las caidas de Principes de Bocacio; bibliothèque nationale de Madrid, E-6. — 2. De officiis, De senectute de Cicéron; bibl. nat. de Madrid, V-152; imprimés à Séville, en 1501, sous le titre de Tulio De officijs y De senectute, un vol. in-fol. — 3. Divers traités de Sénèque; Escurial, iij, T-4; iij, T-5: iij, T-6; iij, T-7; ij, l-15; bibliotèque nationale de Madrid, q-145; X-169, 170; L-1; autre manuscrit dans la bibliothèque universitaire de Salamanque. La traduction de Sénèque eut cinq éditions sous le titre de Cinco libros de Seneca, etc., Séville, 1491; Tolède, 1510; Alcala de Hénarès, 1530; Anvers, 1548; ibid., 1551.

 

Hernando de Pulgar, Crónica del señor rey don Juan II, Valencia, 1779, p. 171, 204, 220, 278, 342. — Nicolas Antonio, Bibliotheca vetus, t. i, p. 261-265. — Florez, España sagrada, t. xxvi, p. 372-374, 388-402. — Bartolomé José Gallardo, Ensayo de una biblioteca española de libros raros, t. ii, p. 249-264; Appendice, p. 25. — Martinez Añibarro, Diccionario biográfico e bibliográfico de... Burgos, Madrid, 1889, p. 89-115. — Eubel, Hierarchia medii aevi, t. ii, p. 126.

 

P. Sicart.

Notas al texto

Datos documentales y bibliográficos

  • Ubicación

    Bibliothèque nationale de France

  • Documento originalSicart, P., «Alphonse de Carthagène», Dictionnaire d’Histoire et de Géographie Ecclésiastique, 2 (1914), págs. 702-707. París, BnF, Département de Philosophie, Histoire, Sciences de l’Homme, 4-G-1121 (2)
  • Descripción

    P. Sicart, Alphonse de Carthagène

  • Edición

    Juan Miguel Valero Moreno

  • Cita
    Carta de a de , ed. Juan Miguel Valero Moreno, en Biblioteca Cartagena [<http://bibliotecacartagena.net/documentum/sicart-alphonse-de-carthagene> Consulta: 25/11/2020].
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